dimanche 11 novembre 2007

149. à suivre...

"Balao, séjour à Yaoundé et à bangui" est fini
... mais ce blog ne s'arrêtera pas là. Je pars aux Etats-Unis du 3 au 18 décembre 2007. Vers Chicago, dans l'Indiana, la région des lacs, dans la famille de Tina, qui m'accompagnera. Tina, cette jeune femme que j'ai rencontré à Bangui dans la peau d'Humphrey Bogart. Allez savoir s'il y a anguille sous roche... Je continuerai mes carnets. Serais-je aussi motivé à dessiner ce que je verrai ? Et puis, un autre voyage à Bangui aura surement lieu en avril ou mai 2008, plus long cette fois-ci, pour coacher une BD pour lutter contre le Sida. BD qui sera dessinée par Jean-Noel, ce dessinateur africain qui a participé à mes cours. Et puis, Jules, cet éditeur de Côte d'Ivoire qui a donné des cours avec nous, aimerait que je fasse une cession de cours de BD à Abidjan en 2008... et puis je rêve du Maroc, du Kenya... Je vais acheter des carnets. A bientôt ! (Les couleurs de ce dessin sont de Laurence Croix que je remercie ici pour sa gracieuse participation).

148. Retour amer.

Voilà. "Balao, séjour à Yaoundé et à Bangui" est fini. Je suis rentré dans un état second. Avec aucune envie de revenir en France. Aucune envie de reprendre mon travail et mon quotidien occidental. L'un des choses qui m'a fortement impressionné une fois revenu chez moi, dans les touts premiers jours, c'est qu'ici, les gens ne se regardent pas. Ils se frolent, s'évitent mais ne se regardent pas. Ils se croisent, ils se perçoivent, ils communiquent parfois, mais ne se regardent pas. Je me souviens de cette caissière qui encaisse mon achat, qui me rend la monnaie, me salue, le tout gentillement, mais sans me regarder une seule fois. Sentiment d'horreur. Notre société française est gravement malade. Comment peut-on vivre sans se regarder ? En Afrique, on n'a pas arrêter de se regarder, de se sourire. Au point qu'une même personne peut vous dire bonjour quatre fois dans la journée, chaque fois qu'elle vous croise. Quand on se touche par inadvertance ici, on se demande pardon. Demander pardon de se toucher ? Waow ! On ne mesure pas la profondeur de l'aliénation de notre société, de son dérèglement, de sa pauvreté humaine. Un grand sentiment de vanité m'habite aussi. A quoi sert tout nos livres, nos BD, nos projets ? Un écoeurement aussi devant le superflu de la surproduction de tout en occident... Il est bien possible que ce voyage ai changé l'orientation de ma vie. Je ne peux pas encore en mesurer les conséquences.

vendredi 9 novembre 2007

147. Dutinzoni

Après des embrassades chaleureuses nous allons prendre notre avion. Il fait nuit. L'aeroport est plein de militaires, un peu à la "midnight express". ça fiche un brin les boules. On nous fouille plusieurs fois, on nous controle 10 fois le passeport avant de monter dans l'avion. Je repars le carnet de croquis plein, la tête remplie de souvenirs, le coeur gavé d'émotions. Moi qui était parti avec rien dans les poches... J'emporte aussi quelques mots de Sango que m'a apprit Tina: "Balao" bonjour, "merci mingui" ou "singila" merci, "Dutinzoni" au revoir (quand on part), "Gwenzoni" au revoir (quand on reste), "Ye ayeke ape" ça va bien, "Nzapa ayeke nzoni" Dieu est bon. Avant de partir j'ai bien pris soin de ne pas me badigeonner le corps de produit anti-moustiques (le "sans-moquito" comme dit Tina) puisqu'on part et qu'on les laisse là... Hélas, mauvais calcul, l'avion est plein de moustiques. J'arrive à Paris avec une dizaine de piqures. Plus que durant tout mon séjour.

jeudi 8 novembre 2007

146. Bye bye Africa !

Dans l'après-midi du départ, nous allons enregistrer nos bagages à Air France. Fouilles par de militaires. L'un d'eux ouvre mon sac, regarde et trouve mon spray Mennen et ça le fait marrer. Je ne comprends pas pourquoi et je ne le saurai jamais. Les ordinateurs tombent en panne, ou alors il y a une coupure d'électricité... je ne sais pas... en tout cas, tout est bloqué pendant des heures. Dès que nous sommes arrivé, un militaire a dit à Jean qu'il devait ranger son appareil photo. Pas de photo ici. Je suis bien tenté de sortir mon carnet à dessin. Pas le petit discret, le gros qui attire méga l'attention. Le temps passe, je m'ennuie, ça me démange. Je le sors et commence à dessiner la salle. Va-t-on m'arrêter ? M'emprisonner ? Me torturer ? Personne ne se manifeste et je peux dessiner tout ce que je veux sans probleme. Les ordinateurs se remettent en route et on peut enregistrer nos bagages. Avant que je sorte, les employés me demandent de leur montrer le dessin. ça les fait marrer. Le soir venu, nous attendons calmement l'heure du départ. Nous sommes rempli de tous les bonheurs que nous avons vécu durant ce voyage. 2 semaines, remplies comme 6 mois. Je passe la soirée à discuter seul avec Tina, la charmante directrice de la lutte contre le Sida. Nous parlons de nos vies sous le ciel étoilé de Bangui. Waow ! C'est trop romantique à fond grave! Purée, on dirait Humphrey Bogart et comment qu'elle s'appellait déjà dans "Africa Queen" ? ... ah, si je n'étais pas aussi timide, ça ne s'arrêterait peut-être pas là. Mais je ne suis pas Humphrey Bogart et je rentre chez moi cette nuit... sans la belle...

mercredi 7 novembre 2007

145. ça sent la fin...

Bon, ça sent la fin, les larmes et les hugs. On rentre demain en occident. On fini en beauté avec l'achat de cadeaux, d'artisanat local. Greg, à force de voyage en Afrique est devenu un maître du marchandage. Il négocie toujours avec le même vendeur, Kevin (un nom bien africain ça). C'est comme un jeu pour lui, pour eux. Une tradition a respecter. Je m'y essaye. Purée... j'ai jamais fait ça d'ma vie. Qu'est-ce que j'aime pas ça, marchander. J'entre tout de même dans le jeu. Je m'amuse. Au final, j'ai du payer 3 fois le prix que j'aurais du atteindre.

mardi 6 novembre 2007

144. Des photocopies et des oeufs.

Comme tout le reste, les photocopieurs sont dehors. Et les vendeurs d'oeufs sillonnent la ville avec leur pyramide à ne pas renverser. De notre côté, le séjour se termine. Les cours se sont fini en beauté. J'ai pu faire encore quelques séances. Mais je n'ai pas retrouvé une pleine forme physique. J'ai encore le ventre en compote. Les élèves nous ont gratifié d'une belle cérémonie de départ. Ils nous ont offerts, à chacun, une chemise typique, faite sur mesure mais sans prendre nos mesures. Du pur africain.

143. Hep Taxi !

Et les taxis continuent à afficher leurs slogans.

lundi 5 novembre 2007

142. Orphelinat.

Nous allons visiter un orphelinat que construit la mission. Leur principe me plait beaucoup. Il cherche des soutiens aux USA et en Europe pour financer un enfant orphelin qui sera ensuite placé dans une famille africaine qui aura soin de lui. L'orphelinat qui se construit servira d'école et de lieu de soins médicaux. Tina, la directrice de l'Alliance Chrétienne pour la Lutte contre le Sida ici, me donne ces statistiques effrayantes : "Près de la moitié de la population agée de 20/30 ans est infectée par le VIH. La propagation se fait à 80% par voie sexuelle... et ici, beaucoup commencent les relations sexuelles vers 11, 12 ans." Voilà qui fait froid dans le dos.

samedi 3 novembre 2007

141. Waow la piscine !!

On arrive à l'ambassade américaine. Yeah ! La classe. Dès que j'ai passé le portail, je pose mon sac, je lève les mains en l'air et je demande l'asile, pas politique mais religieux. Greg et Terry, qui sont américains, se marrent. On n'entre pas dans l'ambassade, on passe tout de suite à la piscine. C'te classe ! Le pied. C'est la première fois de ma vie que je me baigne dans une piscine entourée de barbelées et d'un mirador. Quelle impression ! Je dessine l'arbre aux racines impressionnantes qui pousse juste à côté du bassin. Il est magnifique. Va-t-il puiser l'eau dont il a besoin dans la piscine ?

vendredi 2 novembre 2007

140. Valery, dictateurs et grosses pepettes.

Surprise. Greg nous propose d'accompagner les missionnaires à la piscine. Une piscine ? Waow! A fond... je me demande bien comment ça peut être. Nous traversons Bangui. Nous entrons dans des quartiers riches, des villas... nous passons "Place de mon ancien président de la République Française". Purée, j'avais quel âge ? Mitterand l'avait remplacé en 81, j'avais 14 ans... holà, on oublie. Bref... des présidents et des sous en RCA... Je me rappelle ce que disait Jules... ce pays est plein de richesses, de l'or, des diamants, des cacahuètes... mais où passe l'argent alors ? Bin dans les poches du gouvernement.