lundi 28 avril 2008

187. Une réponse à Joann Sfar. A response to Joann Sfar.

Dehors, il y a les Etats-Unis, où je rêvais d'aller depuis des années, et je me retrouve plongé dans le carnet de voyage en Inde de Joann Sfar, allez y comprendre quelque chose. "Maharadjah" (éditions Delcourt), Joann, page 331 : "On retrouve dans le crédo hindouiste et bouddhiste des idées chères aux chrétiens et aux idéalistes de tous poils, grecs, entre autres : là encore, on incite le miséreux à se résigner. Le monde est un mensonge, les joies qu'il propose sont des péchés ou des errances, les souffrances qui nous sont imposées ne doivent pas être combattues. On doit se détacher du réel en cherchant un éveil..." Holà, messire Joann, c'est fou ce que tu dis là... ces idées stupides et inhumaines ne sont pas chères aux chrétiens, pas du tout. Peut-être à des religieux qui n'ont de chrétiens que le titre mais en aucun cas elles ne font écho aux pensées du Nouveau Testament qui est le seul crédo du christianisme véritable. Non, seulement les chrétiens n'affectionnent pas ces idioties, mais ils affectionnent exactement le contraire. Ils n'incitent pas du tout le miséreux à se résigner. Parles-en à Mère Teresa, elle qui a consacré sa vie à sauver le plus de miséreux possible. Parles-en à Henri Dunant, ce chrétien fondateur de la Croix Rouge, parles-en à Martin Luther King, ce pasteur évangélique américain, célèbre justement pour avoir incité les "miséreux" à ne pas se résigner, parles-en à William Booth le fondateur de l'Armée du Salut, qui a lutté avec acharnement contre la misère, parles-en aux prostestants qui ont collaboré à l'établissement de la charte des droits de l'homme, parles-en à Dietrich Bonhoeffer, ce pasteur protestant qui a payé de sa vie de s'opposer au nazi, parles-en à l'apôtre Paul qui a écrit "Si tu es esclave, si tu peux te libérer, profites-en..." (Nouveau Testament)... on est loin d'un enseignement de résignation. Parles-en à Ieshoua, ce rabbin juif qui enseignait : "Aimez-vous les uns les autres". L'amour, très loin d'être une acceptation de la misère, est une puissance extraordinaire, une dynamique de vie et d'épanouissement qui nous sort de toutes les misères et qui ne nous réduit à aucun esclavage, qui ne nous conduit à aucune résignation. La vision du christianisme, le vrai, pas le religieux stérile et destructeur, est bien tout le contraire de ce que tu dis, Joann. Les horreurs qui t'affliges ne sont pas le propre des religions, mais de l'être humain. L'athéisme a pu, lui aussi exprimer toute l'horreur de l'humain fou. Regarde Hitler, Staline, Mao, regarde la société déshumanisée dans laquelle nous étouffont, fruit direct de l'athéisme et de la déification de la raison... Le christianisme n'enseigne absolument pas que le monde est un mensonge et que les joies qu'il propose sont des péchés. Où est-ce que tu es allé pêcher ça ? Le christianisme, dont le fondement se trouve dans le judaïsme, pas dans le catholicisme, je te le rappelle, enseigne tout le contraire. Que le monde est une réalité créé par Dieu, pas un mensonge dont il faut sortir, mais, qu'intelligement il faut en jouir et s'en réjouir. Les joies des péchés ? mais les joies, c'est Dieu qui les a créé, comme des cadeaux, comme un père qui aménage un jardin pour ses enfants. C'est pour qu'on aille y jouer. Le christianisme enseigne de vivre pleinement la vie que Dieu nous a donné. Avec toutes ses merveilles. Il n'enseigne pas de se détacher du réel, oh non, mais d'en avoir pleinement conscience et d'en boire le meilleur de sa substance. La vision qu'on les athées du christianisme, aujourd'hui en France, est totalement fausse et pourrie. Cela à cause de 2000 ans de religion DITE chrétienne. Le christianisme n'est pas une religion. C'est une question de vie. Jésus n'est pas chrétien et Dieu n'est pas religieux. Joan Sfar : "Finalement, le christianisme, l'Islam, et l'hindouisme, ont ça en commun : obliger les pauvres diables, à tout supporter sous prétexte qu'après leur mort tout ira mieux." Quelle horreur ! Le christianisme n'a rien avoir avec de telles pensées aussi infectes qu'abominables. Rien du tout. Mais pour le savoir, il faut laisser les clichés stériles au vestiaire, peut-être, et savoir faire la différence entre christianisme et ce qui se prétend être christianisme. "Aimez-vous les uns les autres" ce n'est pas "obliger les pauvres diables à tout supporter", c'est tout le contraire. Joan : "Du plus profond de mon être, j'éxecre ces pensées qui font l'apologie du tombeau et crache sur le monde sensible." Moi aussi, Joann, j'éxecre de telles pensées, mais je ne les confond pas avec du christianisme. Le christianisme ne fait pas l'apologie du tombeau, il fait l'apologie de la résurection. Et la résurection c'est la vie et la vie pleinement ! Joann : "Merci pour l'amour du réel sans promesses hasardeuses." Non, Joann, la vie après la mort n'est pas une promesse hasardeuse. Elle est une certitude merveilleuse et extraordinaire. Et en aucun cas, elle n'anéanti la vie présente, elle la sublime. 1h30 du matin... je n'ai pas encore dormi tôt. c'est la faute à Joann :) J'aime bien ses carnets. Outside is the United States, where I have dreamed of going for years now, and I find myself diving again into Joann Sfar’s book about his trip to India. Let’s go learn something! “Maharadjah”, page 331: “We find in the Hindu and Buddhist creeds some ideas dear to Christians and idealists of all kinds, Greeks, among others: The poor and suffering are encouraged to resign themselves to their plight. The world is a lie. The joys that it offers are sins or wanderings, the suffering that is imposed on us should not be fought. One must detach oneself from reality in searching for an awakening….” Woaoh, Mr. Joann, what you’re saying is crazy…these senseless and inhumane ideas are not at all dear to Christians. Maybe to religious people who are Christians in name only, but in no way do these ideas echo the thoughts of the New Testament, which is the only true creed of Christianity. No, Christians are not fond of these idiocies, but they are fond of the opposite. They don’t at all encourage one to be resigned to misery. Let’s talk about Mother Theresa. She dedicated her life to save those in most misery. Let’s talk about Henri Dunant, the founder of the Red Cross. Let’s talk about Martin Luther King, the American evangelical pastor. Let’s talk about Dietrich Bonheoffer, the protestant pastor who paid with his life to oppose the Nazi’s. Let’s talk about the Apostle Paul, who wrote “If you are a slave, and if you can free yourself, do it…” (New Testament)…we are far from a teaching of resignation. Let’s talk about Jesus of Nazareth, the Jewish rabbi who taught “Love one another.” Love, far from being an acceptance of misery, is an extraordinary strength of life and happiness that releases us from all kinds of misery and which eliminates any slavery, which leads us to absolutely no resignation. The vision of Christianity, the true vision, not the religious, sterile and destructive vision, is totally contrary to what you are saying. Christianity doesn’t teach, contrary to what you say, that the world is a lie and that the joys it offers are sins. Christianity, which is founded on Judaism, not Catholicism, I will remind you, teaches quite the contrary. That the world is a reality created by God, not a lie from which one must find a way out, a place to be enjoyed and delighted in. Joys as sins? But, God created joys, like gifts, like a father who plans a garden for his children. It’s for us to go and play in. Christianity teaches to live fully the life God has given us. With all its marvels. It doesn’t teach detachment from reality. It teaches full consciousness and the drinking in of the best of its substance. The view that atheists have about Christianity today in France is totally false and rotten. This is caused by 2000 years of religion SAID to be Christian. Christianity is not a religion. It’s a question of life. Jesus is not a Christian and God is not religious. Joann Sfar: “Finally, Christianity, Islam, and Hinduism have this in common: to obligate the poor devils to put up with anything under the pretext that after they die, all will be good.” How awful! How wrong! Christianity has nothing to do with such thoughts, as infected as they are abominable. Nothing at all. But, to understand it, one must forget about all the sterile, locker-room clichés maybe, and understand the difference between Christianity and that which pretends to be Christianity. “Love one another” is not “to obligate the poor devils to put up with anything”. It’s the opposite. Joann: “From the deepest part of my being I loathe these thoughts which justify the tomb and spit on the sensitive world.” Me too, Joann, I loathe the same thoughts, but I don’t naively confuse them with Christianity. Christianity doesn’t justify the tomb. It justifies the resurrection. And the resurrection is life, and life abundantly. Joann: “Thank goodness for real love without chance promises.” No, Joann. Life after death is not a chance promise. It’s a wonderful and extraordinary certainty. And in any case, it’s magnificent and way overshadows this present life. 1:30 a.m….I haven’t slept yet. It’s Joann’s fault. J I really like his books.

2 commentaires:

Etienne a dit…

je suis assez d'accord avec toi.En tant que protestant,je suis probablement impregné de religion,c'est ma culture mais au-dela,je cherche plutôt une relation à Dieu,une personne.
Je pense que les rites et les traditions sont incapables de créer une vie intérieure.
A part ça tes crobards sont toujours aussi super.

didier millotte - illustrateur a dit…

merci étienne. Tu as raison, les rites, les traditions, la religion sont tout à fait différents de la vie. Dieu est une personne pas un concept, c'est donc une question de vie, pas de religion...