mardi 1 juillet 2008

215. La cathédrale de la Touristaquie.

Dans la cathédrale, on ne se gave pas que les oreilles, on se gave aussi les yeux. C'est vrai que la cathédrale est sublime, gigantesque et impressionnante. ça mitraille de photos de tous les côtés. Mais qu'est-ce qu'on regarde VRAIMENT ? Qu'est qu'on prend le temps d'apprécier ? Est-ce qu'on apprécie quelque chose sans prendre le temps ? 3 secondes par choses à regarder, bombardés d'informations historiques en anglais avec accent tchèque du terroir, compressés en Touristaquie. Moi qui me réjouissais d'une balade agréable, à respirer l'atmosphère de Prague... Pas possible. Y'a trop de chose à voir. Mais voir et regarder, ce n'est pas tout à fait la même chose. Absurdité d'une société en chute libre ? Je sors. Dehors, il pleut toujours des torrents. Je vais m'assoir sur un banc, sans parapluie. Je sors mon carnet et dessine cette cathédrale avec une scultpture équestre à ses pieds. L'avantage du dessin, c'est qu'il nous oblige à nous poser, il nous pousse à vraiment regarder. In the cathedral, they force-feed not only ears, but also our eyes. It is true that the cathedral is spectacular, gigantic and impressive. People are shooting off cameras on all sides. But what does one REALLY see ? What does one take the time to appreciate? Can one appreciate something without taking the time? Three seconds to look at each thing, bombarded with historical information in English, with a Czech accent, summarized tourist-style. I, who delights in a pleasant stroll, to breathe the atmosphere of Prague… Not possible. There are too many things to see. But to see and to look at are not exactly the same things. I go outside. The torrential rains continue. I sit on a bench, without an umbrella. I get out my sketchpad and I draw this cathedral with an equestrian scultpture at it’s feet. The advantage of drawing is that it obligates us to pause, it pushes us to really look.

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